est-ce que tu as vraiment envie de finir en cloporte, à sucer l’ombre dans la rocaille d’un perpétuel cul de sac?
sans aucun doute toute lèvre se ferme, et tu tentes de te persuader que toute histoire est belle
– y compris celle où effectivement, tu finis en cloporte…
on se trompe toujours de cible, l’essentiel consiste alors à ne pas la louper
et pourtant on la loupe chaque fois: il faut ça au moins pour sentir que le bonheur – une certaine forme de bonheur – ne nous a jamais fait défaut
il est probable que je ne me fasse pas comprendre, ce n’est pas le pire. je vis, je vois, j’écris sans comprendre moi-même
et ça me soulage un peu j’avoue…
pas besoin de renoncer à la douleur – il me faut coûte que coûte préserver la pitié
ce qui distingue l’être du néant n’est rien d’autre que la douleur, et la pitié recueille cette douleur-là, la veille
l’entretient
s’il n’y avait que dieu il n’y aurait rien: nulle vie ne souffre donc pour rien
la pitié consiste à accueillir en soi la douleur et la mort, ce qui n’atténue en aucun cas la douleur ni ne contourne la mort
le sens est là, évident en chaque instant, qui fait que nous méritons bien plus que le terne bonheur
imagines-tu l’enfer d’un monde résolu? on ouvre les portes des prisons et personne n’en sort
je concevais l’amitié comme la reconnaissance immédiate et totale de l’humanité en l’autre, et toute garde baissée face à lui
mais il ne s’agit là encore que de simple politesse – le remède s’avère court
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