les mélancoliques

  comme on se raccroche à son propre poing quand on coule et qu’on coule quand même.  on se raccroche encore

  je n’ai pas tant d’images que ça.  j’ai rien laissé bercer.  un taureau face à une petite fille – et c’est le taureau qui tombe…

  j’ai mal à rien plus jamais, rien foutre.  dehors tu chiales un peu, tu te les pèles surtout.  dedans ils se roulent des joints, ils se roulent des pelles

  j’ai tellement mal à toi, à l’autre nuit de toi.  je parle de la neige qui tombait ces jours-là – et moi la neige j’y peux rien, ça me fout la chiasse

  un ruban est tombé, personne ne l’a ramassé.  je me regarde dans la vitre et je vois la mer derrière moi, les quais crasseux

  tout est simple.  si on te dit que tout est simple, tout est simple.  reste plus qu’à trouver la sortie.  à genoux

  quelqu’un s’est coulé derrière toi.  tu n’as jamais su qui te bandait les yeux, qui te clouait le bec – qui te soutirait l’âme avec sa poigne de velours

  on ne manque de rien ici – on n’a rien non plus.  on vit comme on peut, on passe à côté.  comme ça sur le côté

  celle, la seule chose qu’on ait à dire, que la vie ait à dire.  et tant pis si ça ne sert à rien, si c’est pour rien.  tant pis si on dit rien…

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