jour après jour, séance tenante
jour après jour, la sainte
panique la très sainte la tranquille
panique, la pitoyable histoire
qui dort toujours et qui m’emmerde
très tranquillement
m’emmerde
vivre d’un seul coup, comme ça, comme on écrase par mégarde
le pied d’un célibataire ou l’œil d’une pie
vivre par mégarde, d’un trait, d’un jet fortuit qui vous inonde avant que vous n’ayez eu
le temps de dire ouf, ou quoi que ce soit de concis et de percutant
– la joie totale quoi, en carte postale ou bien au dos
du temps qui lasse…
j’avais un végétal – il s’est fait bouffer, le végétal
faut dire qu’il avait déjà de jolies boursouflures au feuillage
et mon itinérance…
d’un autre côté j’avais pas mal rêvé non plus
par exemple qu’on pourrait toujours se relever, ou d’une essence
en déshérence
une peur
écrase son mégot sur ma douleur
quelque chose m’enivre et c’est un verre de cendres, la tête qu’on repose
sur un sein de méduse, une peur
enfonce des bouts de miroir brisé
dans les endroits les plus pourris de mon corps
– quand je respire enfin, c’est que la vie m’a quitté
: je suis devenu tien
danse la pluie devant mon blême, ce monde
n’est franchement pas habitable, un lieu peu fréquentable, ma poupée
se dégonfle, j’hésite longuement…
la douceur n’étant pas mon métier, je viens finalement
gratter à ta porte – je saigne du nez, me préviens-tu
l’anneau respire, la tourbe retourne
à la tourbe

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