traces de doigts

  j’avais une chose, j’avais une chose dans la main on la referme et y a plus rien
  il ne faut pas fermer la main; fermer la main ne retient rien

  de l’eau dans les guibolles, les guibolles flasques – redresse-moi je t’en prie, ne laisse pas l’effraie en moi
  faire le sale boulot

  j’ai pleuré dans ton mouchoir, t’as repris ton mouchoir
  t’as repris ton mouchoir – qu’as-tu fait de ton mouchoir
  où j’ai pleuré dedans?

  les nuits sont fécondes – on se touche le bras, le bras en tombe
  le bras tombe des nuits et on appelle encore, et on appelle encore, mais la mort ne vient pas
  – je crois qu’elle ne viendra plus: elle est déjà passée quand tu bordais ma voix
  d’un silence ahuri…

  le chignon qui prend feu, j’aurais aimé qu’un signe me convie – or une vie
  me congédie…

   la pluie sous ton balcon, et ton balcon suintait
  – serais-je l’éternel étranger passant les dimanches d’hiver
  par le chemin du fond?

  j’abuse pas, je ne dis rien
  je ravale chaque mot qui déborde, je reglutis mon œil jusqu’à l’ultime vision de très propres adieux
  juste sous le genou j’essuyais la poussière, j’essuyais la poussière
  mais le nuage restait

  l’impossible a pris possession de mon banc, alors je dors dessous
  ce n’est pas mieux dessous
  l’impossible a pris possession de mon banc
  depuis je dors dehors

   j’ai retroussé mes manches.  je les ai retroussées plus haut encore jusqu’à découvrir mes seins blancs
  mes seins blancs ne nourrissent pas, ils sont creux en dedans
  j’ai retroussé mes manches et je n’étais plus rien, il n’ y avait plus personne en moi
  à qui même pardonner

  quelque chose parait, qui disparaît au loin
  regarde là, là-bas déjà ou tout en soi:

       quelque chose parait
        qui disparaît au loin

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