j’y connais rien, je marche sur les tombes, même sans le faire exprès
j’ai peur un peu du loup – il me rassure pourtant, il me dit si je te mange c’est parce que je t’aime, je t’aime vraiment
il me rassure comme ça
je ne suis pas un couteau, tu sais…
le mensonge cache la misère, une feuille de vigne sur la rage, du mercure au chrome aux pieds et aux mains du crucifié
la mémoire telle une vaste chiasse…
j’ai pas de prénom, et pas de prénom m’a dit allez…
les enfants ça pleure pas
après c’est bien trop tard – et trop tard dure encore…
j’en ai eu assez de la crasse
et j’en ai eu assez aussi de la pureté
de la pureté de la crasse et vice-versa, plutôt vice que versa
alors j’ai allumé une clope, le temps de fumer une clope…
je ne suis la fin de rien, pourtant la faim de tout
du moins la faim du loup
c’est maintenant ou jamais, alors j’ai dit jamais
c’était maintenant, jamais
ceux qui ne mentent pas portent des jeans qui leur tombent vraiment mal
ils ne savent pas être nu
ils sont nus de ne pas savoir être nu
ils s’agrippent quelque part
et quelque part les lâche…
les nuits de toute façon ne sont pas faites pour dormir. elles sont faites pour rien
et y en a marre des fois de servir de sage-femme au néant, de couper avec les dents le cordon de nos rêves éculés
on voudrait être cerf-volant – oui, cerf-volant c’est bien – planer haut loin de ces murs contrits, ces bas-de-plafonds, sables mouvants et parquets flottants
encore faudrait-il s’inventer un ciel, un ciel qui tienne la route, un ciel où dériver – mais je crains que nos petits mots, qu’ils soient claqués sur la langue ou longuement ruminés, n’y suffisent jamais…
du coup on n’avance pas
Laisser un commentaire