désormais pour la guerre c’est chacun contre soi
à l’âge où un homme ne lutte plus que contre son ombre, une ombre plus grande est venue le châtrer, lui ôtant jusqu’aux larmes de son combat
alors il a dit pouce
*
je tourne le dos à la méfiance – tant pis si elle me fout la main au cul
quel centre, dont se rapprocher?
le véritable but glisserait du sens au rapprochement
or tout s’éloigne, et moi de moi…
*
car du fond du pire même s’élevait un vide sans terme, un ciel nous bordant, médecin-légiste ou plantureuse dame-pipi
un ciel enfin, dont l’écho rond embuait nos mains au fond du puits, cent-balles insérée dans notre faim
les os claquant au vent glacial qui nous revenait d’en-dedans…
*
tu meurs avec moi, c’est à dire que je me quitte, néant les cuisses écartes
un deuil sans fin brume mon temps, ma substance, givre mes os
l’idée d’un être, un seul, brûle ma soif
pleure sur mon corps, lui dis-je, ravalant tout ce qui pouvait encore l’être…
*
pas les yeux de vivre derrière mieux vaut s’arrêter là
je ne suis capable que de pitié ou de maudissement, pèle-mêle s’entassent corps et rêves
des morts se masturbent au jardin, ce ne sont plus les miens, toute joie me répugne
je crie quelque part, quelque part ne me répond
pas
*
j’ai fini par livrer mes tombes
aux pilleurs de tombes
je dansais sur les caillots d’une fille agressée, comme s’il faisait jour comme s’il
avait jamais fait jour
flotter ne coûte rien, croyais-je
ni sombrer semble t-il, sans comprendre pourquoi
ou c’est selon

Laisser un commentaire