il s’en va
pressé de rien
pressé de rien comme au premier
départ
une poignée de vent lâchée au vent
une odeur de terre à la terre rendue
il s’en va
pour un autre chemin
un chemin hors destin, à la marge
un chemin pour aller, s »en aller
et ne plus jamais se, s »en
retourner
.
c’était une autre vie, une autre vie dans la mesure où les racines pour la frondaison constituent une autre vie, dont l’aveu s’avère aussi nécessaire qu’angoissant
cordon ombilical nous liant aux ténèbres originelles, écho d’un cri jamais éteint, jamais tout à fait ravalé, le récit d’une trahison, d’un point G de la géhenne – du drame intime le clou dont on lèche la pointe jusqu’à s’en déchirer tendrement la langue
et choper l’tétanos
.
il y a des pelletées – et c’est surtout les dernières – qu’on a bien du mal à soulever, plus encore à vider
des morts qu’on n’arrive pas à enfouir définitivement alors on reste là comme un con, pelle à la main, rame en suspens
attendant l’heure navigable, l’heure
de la rejoindre
.
les lettres
qu’on adresse à nos morts (c’est à dire à ceux dont nous sommes les morts)
flottent dans l’air, soupirent faiblement
nous levons de grands silences, les yeux se fendant face au jour
d’où nul espoir ne se profile, ni de retour
ni d’aucune délivrance…
.
ou celui se noyant dans un simple verre d’eau
quand il ne reste qu’un verre d’eau
où se noyer…

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