il y a quelque chose d’ambulant, d’ambulant ou d’ambulant pas, une roue qui a du mal à tourner, qui peine à se désembourber
toute la vie devant soi, toute la vie derrière soi, et au milieu le trou du cul de dieu, l’anus théogonal, la mort en petites lettres, la distance du rien au rien nous traversant sans rencontrer d’autre résistance que celle d’un cri, dérisoire témoignage dune poupée qui fait non, d’une poupée qui fait oui, d’une poupée-marie…
.
lumineuse amertume. un peu comme un mendiant dégustant un croissant tout en continuant à tirer sur sa clope. tout feu cependant ne fume pas: quelques pas de plus et c’est déjà l’élégance du désespoir, l’écriture rageusement éthérée d’un nuage au fin vent…
.
j’ai même dormi sur la pelouse des jardins d’un roi. la porte de la reine resta sourde à mes grattements comme à mes couinements d’insecte. un garde bourru finalement me chassa dudit jardin, tel que préconisé dans le livre
un peu plus tard une antigone de passage recouvrit ma dépouille d’une poignée de cendres. il est des gestes révélant toute l’épaisseur du mystère, le rendant plus intensément présent plutôt que de prétendre vainement l’élucider – allume une chandelle et l’obscur aussitôt se transvase au-dedans…
.
on ne voit pas la chaise sur laquelle on est assis, et qui nous colle aux fesses sans même qu’on y pense. on fait mine de se lever, d’ébaucher quelques pas dans une direction prétendument préméditée et dûment souhaitée, alors que c’est tout simplement la chaise qui nous porte et nous déporte selon sa nécessité propre
… à moins que l’on n’en tombât malencontreusement, ou qu’un nain malveillant n’en sciât un pied, nous culbutant ainsi par dessus bord et nous faisant perdre le nord
mais je vous l’assure je vous rassure: le sexe n’y est pour rien
.
nombreux ceux parmi nous vivant sous un régime de terreur, et bâtisseurs de digues afin de contenir leur panique dans le cadre d’une intimité branlante
parfois cède une digue – est-ce là le signe indubitable de la sincérité? la sincérité suppose le sentiment d’une vérité intérieure, château de cartes par grand vent, carte des vents agrafée sur la peau d’un ciel meuble –
et j’ai pas les oiseaux
Laisser un commentaire