l’humilité de n’être que soi, le jus extrait de la pomme broyée…
volcan éteint sommeil troublé, un tout petit vertige – un vertige
qui pleure debout
.
toute une vie durant…
il y a l’éternité du temps, à laquelle succède ou se superpose
l’éternelle pensée du temps – j’avais envie de t’embrasser
disparurent l’élan, les lèvres, l’envers d’un soi-même
– comment donc est-il possible que cette envie de t’embrasser
ait survécu à tel naufrage ?
.
t’as vu d’instinct, t’as vu les choses bouger ?
t’as entendu les chiens hurler, tes propres cellules se faire hara kiri, se régénérer, s’éteindre ?
j’ai peur debout j’ai peur assis, attila dans mon slip
.
on mentira comme on pourra, on rêvera comme on respire – plus tard on s’entendra
sur le fond comme sur la forme
la vie qu’on mène est celle qu’on sème, or on n’a rien semé du tout, des graines jetées au vent maudit
.
je me suis rasé les lèvres, la bouche, le gosier, il ne reste rien en moi que l’horripilation
d’être né, d’être là, de disparaître dans l’abîme de chaque pensée du fond duquel je me hèle, me harcèle…
alors je me bourre la gueule, et quand le soulagement fait enfin pleinement corps à la déception je reste là, debout,
immobile face au panneau horaire
des tombes…

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