un jour j’irai à Oviedo, ou plus bas, sur la rive de la mer, et nul ne saura pourquoi, nul n’aura même l’idée de demander pourquoi
un jour je serai mort, mort parmi ces morts toujours plus nombreux que les vivants, à ne plus rien en attendre mais à encore espérer de la vie ce que la vie ne saurait leur rendre
ils le savent évidemment, et ils l’ont toujours su, me souriant discrètement quand je moi je dis qu’un jour, j’irai à Oviedo
ou plus bas, sur la rive de la mer…
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tiens, il pleut pas
comment ça se fait donc alors que je sois tout mouillé
j’ai du ronger mes ongles jusqu’au sang, sucer le sang jusqu’à la moelle, me dire bientôt, bientôt chéri ce s’ra fini, on n’en parlera plus
on n’en parlera plus, même pas pour rire
on n’en parlera plus, bon dieu…
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on ne peut croire qu’en un, un seul, miracle
embrasser des cheveux noirs en glissant dans le vide, ne m’appelle pas
par mon nom s’il te plaiî, sinon je ne nous reconnaîtrai plus – c’est toujours le même vide, à quoi bon finasser?
de quel droit te meurs-tu?
s’il ne restait qu’une, une seule question ce serait celle-là: de quel droit
te meurs-tu?
– du droit du plus fragile j’imagine, du droit du plus faible, soupiré-je – du droit
qui n’existe pas
.
tu me montres du doigt – ce doigt
je m’appelle un homme, faussaire identitaire, un peu comme on hèle un taxi, on chevauche un bidet le cœur mal accroché
à la forêt des arbres morts je fais des petits tas de cendres, j’essuie les ombres j’efface les traces, je chantonne y a pu d’saison
en suçant mon moignon…
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