un jour c’est pas comme un jour: il pleut
je retiens dans ma bouche un silence énorme et je voudrais en crever, qu’il crève qu’il me crève, ce bâillement de loup à vous déboîter la mâchoire
je ne sais même pas de quoi il s’agit au fond, je sais seulement qu’on n’aurait jamais du inscrire ton nom sur la liste des abonnés absents, ces présents de l’au-delà qui n’ont plus une larme à verser
sur notre intime soif…
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la pluie ça tombe à pic
il manque un vide où se jeter, porte fermée
nous n’avons que notre voix pour percer le néant, pour éjaculer dans le vide nos espoirs les plus éculés, pour se creuser le nombril au tournevis, se dire allez, partons maintenant, débranche le truc tranche le tube, je t’aimais bien vraiment mais c’est du cinéma tu sais
du cinéma
avec du sang pour de vrai
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je suis en panne
en panne de je ne sais trop quoi
en panne de quelqu’un qui entrevoie soudainement mon visage à travers le brouillard et y reconnaisse quelque chose
que je ni nul n’aurait jamais aperçu, faute d’avoir jamais condescendu à y jeter le soupçon d’un regard
un dieu hagard, dépenaillé – le voile piétiné d’une mariée
violée entre deux arbres…

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