errer dans les maisons vides

  s’engage ce doux corps à corps avec la longue saison, la saison morne
  j’hiberne du côté clos de la fenêtre, où la dissimulation fait de vivre un art introspectif,
  côté racines, dans l’accroissement d’un silence plus feutré, le dénuement d’un rideau mal tiré
  de sourdes clartés entreprennent les gris, figés pour les mois à venir et sur les carreaux sales
  purement et simplement sales…

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  nous vivons en de tristes greniers, mais les pieds bien au sec
  nos caves regorgent d’ivresses à dix kopecks, de filles vermoulues près de durs canapés
  souvent quand nous sortons la pluie nous tombe aux quatre coins d’la gueule, or nous ne nous plaignons pas
  dieu merci, nous ne nous plaignons pas

  .

  on n’a plus d’âge, ce monde nous semble bien désuet, on se penche pour gerber mais rien ne sort, le mystère s’est réfugié au plus profond de notre sommeil de bête
  on est des bêtes effectivement, perchées sur de longues échasses, stylites d’un genre contemporain, vaguement contemporain

  .

  bien sûr il y a la grâce, l’œil poché la jambe traînante, la grâce à bout portant
  et là où elle ne fonctionne plus une éternelle damnation s’y substitue – le sexe échangeant le feu pour la nuit y perd si peu…
  mais ne pas être vu de dieu, mais qu’un ciel fut-il de cendre ne se penche sur toi, ne t’enfouisse une langue amère, une langue même de fiel au creux  de ton oreille froide…

errer dans les maisons vides

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