venise en creux dans l’appareil photo

  les lois ne servent qu’à désobéir – j’ai lu ça quelque part dans l’bottin, en soulevant ta jupe ou encore
  à faire les cent pas devant l’espace fermé, fermé à moi tout comme
  à mon accent grave

  .

  vivre dans un port par exemple c’est vivre dans un lieu dont on peut à tout moment s’enfuir, qu’on peut sur un simple coup de tête quitter, et tout quitter
  quelle sérénité de sentir l’au-delà si proche, de savoir qu’ailleurs, que là-bas commencent dès ici, à deux pas dans le sens
  d’une infinie répétition…

  .

  je n’habite plus de port, et je ne feuillette plus
  le bottin des soupirs – j’entre quand tu entres je sors
  par la porte de derrière, j’exprime une amertume
  par goût sans doute – oui, c’est ça: rien que par goût…

  .

  la nuit chaude d’un homme, t’es-tu déjà réfugiée et dissoute dans 
  la nuit chaude d’un homme – comme s’il y avait une façon de contempler
  et une autre d’épier, une de baisser les paupières et l’autre
  d’ouvrir à contre-cœur le judas d’un corps livré
  au plus triste abandon

  .

  et puis tu m’embrouilles – je ne sais plus qui tu es je ne sais plus
  comment tu m’appelles, quand je pointe à qui le doigt, à qui
  la joie exhalée de nos corps convulsés, solution précipitée
  à nos pulsions de mort…

venise en creux dans l'appareil photo

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