à dada à dada, pierre tombale

  au bout de tout ne sommes restés
  qu’un enfant et son homme
  à faillir, à parlementer
  sans les règles ou hors les cordes
  : le vide face à quoi…

  .

  coincé entre 
  la sainte panique d’un premier baiser, flaque rétrospective 
  et la libre chute, précipice sous verre, dernier souffle avant vous, madame,
  ma douce dame…

  .

  pierre d’un coup, allez vas-y bois un coup
  la premier arrivé au deuxième poteau!
  on agrafe en plein ciel le fichu de la vierge immolée
  sans espoir et brisé, envers et contre tout: l’espoir,
  l’espoir seulement…

  .

  tu t’accroupis et tu me pisses sur les pieds, levant vers moi un regard fanatique et je sais à ce moment-là tu dépasses l’amante, tu dépasses la femme et le sommeil, que de toi surgit la suppliante, celle dont la pitié relie
  les deux pôles aléatoires d’un univers
  en déshérence… 

  .

  moi, le père de mon père et l’enfant de mon enfant, qui me ressuscitera? qui d’entre les morts me relèvera, me fera passer le stick ou le goulot de l’éternelle alliance? qui deux doigts sur le front me dira dresse-toi, sois maintenant le toit, la fumée sur le toit, le cycliste sur le toit?

  .

  au bout de rien ne sommes restés
  qu’un enfant et son homme
  et s’il est dur pour un enfant de supporter sur ses frêles épaules tout le poids d’un néant, ça l’est d’autant plus pour un homme de couvrir cet enfant, de le couver le préserver, le sentir à tout instant de l’intérieur se, me
  déchirer…

  .

  madame aide-moi, bénis-moi, suce-moi le sein gauche madame, ma douce dame…

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