la carrément fatalité

  le rêve d’un homme c’est sa tombe
  plus il s’élève plus il s’enfonce, plus il écarquille les yeux moins il y voit
  un homme rêve, il creuse sa tombe

  .

  il n’y a pas d’homme au bout de moi – au bout de moi il n’y a qu’une violente raison de se taire,
  de regarder la mer, de se branler devant en pensant qu’on a beau faire,
  ça ne fécondera rien

  .

  le pire c’est de même pas arriver à la mer, mais de s’enfoncer en route, où la route s’enfonce, s’enfonce
  et de pointer absent au jour du jugement dernier.
  le jugement dernier: maintenant se réveiller, se foutre des claques se lever,
  aller voir à la mer et se dire merde, me suis encore leurré…

  .

  c’est quoi propre, c’est quoi sale? tu lis le testament et tu sais plus c’est quoi propre, c’est quoi sale
  ni quand on peut se laver les pieds sans fauter au robinet du square
  après avoir marché, erré
  toute la journée…

  .

  cette flèche fend l’air, fend l’air, fend l’air – aucune cible ne lui convient
  elle survole l’heure présente et à venir, méprise le bonheur et ses petits arrangements, ne s’abaisse pas à mordre les fruits blets qui parsèment la place
  fendre l’air, il lui faut fendre l’air, au comble de l’ivresse et du saint désespoir creuser l’abîme
  de sa propre insuffisance, l’aveu de sa propre
  inconséquence… 

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