caisse claire

  je me suis éloigné de tout. tout maigre et ignorant du but, je me suis éloigné. rien ne sert de me rappeler
  le vide de l’âme, rien ne le comblera. la mort s’engouffre par là, souffle. souffle, et gémit
  sans une parole je m’épancherai, jusqu’à verser les larmes. sans un cri, sans une déchirure, je me viderai de moi mon dieu,
  je me viderai
  de moi

  .

  blanchir la mort
  un peu comme on chaule les murs de nos printemps, quand il en reste encore
  or nos printemps se délitent, et nos adieux
  de moins en moins sincères…

  .

  avec l’espoir encore
  d’on ne sait plus trop quoi,

  mendiant sur des chemins
  où ne passe personne…

  .

  parle-moi de moi parle-moi de nous, scrupuleuses déroutes, de nos défaites avec un grand f, que nous fêtions ensemble chacun de son côté, mauvais côté de la barrière
  parle-nous des jours heureux, ou presque heureux, lors nous chialions des barres, des jours de fer avec un grand p, ces jours de grand départ où nous chiquions le vent, à froid
  or nous n’avions pas le temps, je n’avais guère le sou, parle-moi donc de nous, si précieuses débâcles, nous de ces évidences foireuses avec un trou en moins, un tout petit trou
  par où au moins
  couler le fil
  qui nous relie

caisse claire

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