sur la bouche d’un baiser vide

  je monte sur une jambe, je te dis: où tu passes? je te serre très fort contre moi – j’ai peur que tout cela ne se réduise à rien, peur d’être réduit à rien. si tu n’es pas morte, pourquoi m’aspires-tu dans ta mort?

  .

  qui m’a mordu la main, s’en est allé polir le ciel, et malgré moi je chemine
  les puces chopées sur ton corps me racontent l’ivresse, à l’envers je chemine
  écroué – m’entend-elle? l’oblique me déviant toujours d’un pas vers l’invraisemblable
  et nue rumeur
  l’infinissant 

  .

  elle jouait à la poupée; elle lui brossait les cheveux soigneusement. cela pouvait durer longtemps, je ne sais pas. quelqu’un alors m’a tapoté l’épaule et je me suis retourné – pour toujours

  .

  je me suis endormi la tête entre tes jambes, comme un souvenir du vide, et du vide entre nous. je crois que je suis sorti de mon sommeil par la porte d’un autre rêve, et me retrouvai dans un monde où tu n’existes pas
  j’errai alors sans raison, né d’un refus et hors saison

  .

  trois fois rien font déjà deux fois trop, mais ne suffit pas à se taire
  ce n’est pas entre les lignes qu’il convient de lire, mais carrément au-dessus ou au-dessous du texte – la peau de la langue prise dans la braguette d’un discours métaphysérotique, à moins qu’elle ne serve d’aile sauvage ou de tumeur maligne à l’esprit qui s’essouffle 
  je crains bien c’est entendu, que trois fois rien fasse déjà deux fois trop, et manque encore se taire…

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