miroir vivant, j’avance en aveugle au devant de moi-même. des pans de murs s’effondrent, des lés de lumière se déroulent, l’obscur défriche l’obscur et la beauté surgit de la rencontre inopinée entre un esprit et son originelle déraison d’être
figure de l’infigurable, bouchon de liège dérivant sur l’océan du Verbe, horizon moi aussi de tout un univers, je suis à la fois ce qui me sépare de soi, et la voix lui susurrant à l’oreille le chant de mille veilles…
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nous nous entendons bien, l’herbe et la sainte croix, les théatrales génuflexions et leur reflet comique sur les cieux en orbite
l’une poussait tout autour de l’autre tandis que l’autre fleurissait au milieu, c’est à dire à peu près n’importe où. l’une tombait à genoux tandis que l’autre ramassait son mouchoir
en tous les cas quelque chose de sale et d’intimement douloureux s’écoulait du bas ventre, et nous faisait mourir
après chaque tonte repoussait mes cheveux. j’en avais mare parfois, fus-je l’œuvre de dieu
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tu te nourris de quoi, de racines de croix et de baies stupéfiantes
entre matière première et claire transcendance l’union sème la panique – j’attends que tu jouisses pour éjaculer au centre de ton orgasme: je n’ai pas la pureté du mystique qui dit là, maintenant, et pour adorer tout un dieu j’ai du creuser dedans
tout un néant…
par ailleurs tes sortilèges m’emmerdent, j’ai besoin d’un éveil qui ne gémisse ni ne rigole, mais m’entraîne par le pont, par dessus la rigole
du sésame ouvre-toi, ouvre-moi, au fond de la pitié – au jour qui se lève
sur le jour qui se couche…

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