j’avais un mort, j’avais un mort sur le côté
maintenant il est mort, et je ne sens plus ce côté-là
j’avais un mort sur le côté, de ce côté-
ci il me sent plus non plus
non plus
.
les êtres sont debout
debout sur leur vélo, en danseuses exténuées
on les adoube on les frictionne, on leur demande alors, c’est pour quand?
les êtres meurent debout, les êtres chient debout
leur âme millénaire, leur calcul rénal
et ils meurent debout
– évidement, après on les couche…
.
je voudrais être bête. pas une bête – juste bête
avec une petite pension
avec une petite quéquette, un petit boudoir à tremper dans le lait caillé du petit matin
je voudrais te donner un sou
un sourire
ou n’importe quel truc qui soulage
d’être
.
héron quand on y pense, héron d’une étendue – héron sur pilotis, un pied dans l’eau le cul à l’air, j’aime
passionnément cette misère, ce non-lieu d’être, cet
extrême marécage où le ciel avec soi-même joue à cache-cache, à coucou-le-voilà, à miroir o mon miroir
entre les herbes folles et sans y prendre garde
se noie
.
d’entonner un petit air peut-être, un petit air tout bas
à bercer le nouveau-né, le nouveau-mort venu
à tâter d’une main paresseuse, langoureuse et connaisseuse
le trou subtil du panier

Laisser un commentaire