la pluie déconnectée

  ceux qui sont revenus ne débouchent pas le doigt de leur cul, c’est navrant
  quand je pense que je n’ai rien appris, rien appris, et qu’un ciel gris médite lourdement sur l’herbe coupée, et qui jaunit
  on se venge par le sexe, on se venge par toutes sortes d’expédients, de substituts plus ou moins licites
  on pardonne avec un bout de biscuit écrasé au fond de la poche…

  .

  si seulement je venais de quelque part, je voudrais y retourner, retourner là d’où je viens
  mais surtout ne plus aller nulle part, ne plus s’abandonner au hasard, sucer la buée du premier nénuphar…
  les êtres sont les êtres, ils ne sont qu’expérience – seules les pierres s’arrogent connaissance, d’instinct se jetant à la tête des veules, des vilains et des veuves
  – d’instinct pourtant

  .

  mon nihilisme n’est guère abstrait, et c’est ce qui le rend si gai
  un peu d’hémoglobine, une odeur de menstrues, ou le pénible martyre des peuples dont la langue ne connaît qu’un seul mot pour signifier le rouge
  et le beau
  bref l’amour total, le sens du fatal allias la sodomie des anges, tout à votre plaisir madame
  et bien l’bonjour chez vous

  .

  tu ne m’habites pas; tu ne m’habilles pas non plus
  tu te contentes de soupeser mes testicules, genre pour en évaluer le poids, le prix payé comptant sur le marché des bourses
  il m’a fallu tant de haine, user la haine jusqu’au tendon de l’âme, pour enfin parvenir à l’indifférence blessée
  laquelle après tout constitue la forme d’amour la plus honnête, disons la moins corrompue, en tout cas la plus appropriée
  à chausser pour glisser sur la vaste patinoire des siècles…

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