la pluie à double battant

  ceux qui sont revenus ne sont jamais tout à fait revenus. ils ne vivent pas, ils hantent leur vie. ils errent immobiles dans des lieux qui leur restent fermés
  emmurés dans l’espace, ils glissent le long d’un éternel couloir où la pénombre amortit le son de leur pas, et leur voix ne porte pas
  ceux qui sont revenus ne touchent plus le sol, le ciel les écrase, aboyant à leur mort – ils ne tiennent
  à rien

  .

  je façonne un espoir, un espoir vrai, un espoir vif
  avec mes crottes de nez.
  le temps est à l’orage, les bêtes font divorce, le temps est à rien
  je façonne un espoir ne débouchant sur rien
  et j’envie ceux qui fument…

  .

  dieu énorme gardien de but bouche tout l’horizon
  petit pion, tout petit pion, avance d’une case
  il va se faire bouffer, on lui dira même pas mat
  j’ai une pensée tendre, mais je ne sais pas pour qui, je ne sais pas pour quoi
  je crois que je vais la mettre en vente sur le bon coin

  .

  j’ai carrément étripé un crapaud à le grelinette. il est resté à bouger comme un bébé dans son premier bain, occis sur une dent
  quand je l’ai retiré, ses tripes sortirent du ventre en un tragique harakiri
  il a mis un moment à crever. comme tout l’monde…

la pluie à double battant

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