j’avais attendu tout ce temps et je sais qu’on n’attend jamais pour rien, car l’attente sécrète le temps pur, hors lequel on n’est plus que de l’être mais jamais cette attente, folle et aberrante,, d’être, hors laquelle être n’est rien
.
il n’y a en moi aucune trace d’objectivité – que de l’abstraction sans analyse, la transcendance noire immaculée
toute la douceur de vivre me déchire jusqu’au fond, la racine pendante – je ne crie pas parce que j’ai l’habitude
après avoir fait en sorte que plus personne ne me croie, je peux désormais cesser de dissimuler
.
tellement hors-jeu, comme si j’avais traîné des décennies durant
ce foutu accent picard, qu’on arrache d’une seule honte genre c’est des amygdales…
je t’aurais frotté les muqueuses finalement tu m’aurais
balancé ton genou dans les couilles
.
on se prend pour n’importe qui n’importe quoi ça prouve quand même que quelque part en nous un dieu se lève
et se révolte
comme si l’éternité ne lui suffisait pas et que l’on doive lui servir d’alibi
pour faire n’importe quoi, être n’importe qui
.
j’ai besoin d’infini, de lieu énorme où hurler
sans qu’on m’entende
sans même que j’ouvre la gueule.
j’ai envie de pleurer je sais pas d’où ça vient
me manque juste une raison
de pleurer.
.
il y avait l’homme il y avait
le poisson aussi
personne n’était parfait.
j’arrive pas à bénir le réel, j’ai beau m’efforcer, tendre les lèvres, tu ne m’embrasses pas non,
tu ne m’embrasses pas.
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