les prisons dont on ne s’évade pas n’ont pas de barreaux scellés aux murs
d’ailleurs elles n’ont pas de murs non plus, et leurs portes s’ouvrent béantes
sur le néant des jours
et les plaines bettravières…
.
le jeûne n’a pas besoin de dents, les mots eux-mêmes
tombent en désuétude…
porte-moi en terre
porte en terre
ma dépouille
orne la fosse d’un caillou
un seul caillou
et vas t’en
à ton tour, vas t’en
vers où tu vas, vas t’en
.
ne fais pas d’étincelle
cette fois ne fais pas d’étincelle
sonne mate
et muette
et morte
pierre morte
avec le regard fixe
de la morte…
.
on triche pas n’importe comment
on triche pas avec les doigts
on triche pas la braguette ouverte
on triche avec les mots, avec le temps qu’il fait, le temps d’en face
on triche pas n’importe quand
.
une brassée
une brassée de coquelicots
qui pourrissent
qui pourrissent au berceau
de l’enfançon mort-né
d’un jésus avorté
d’une croix bras repliés
et qui fait dodo
.
je vais nu
il ne manque rien
à l’absence.
qu’une pierre me frappe
et frappe le visage
mon visage si nu
qu’une pierre le traverse
en plein mille
et unième nuit
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