je suis née deux fois, dont une sans le dire à personne
les clous à travers les artères remontent jusqu’au cœur
paisiblement, au cœur rouillé
.
elles m’abandonnent, telles des chaînes qui tombent dès qu’on les embrasse, ou des forces qu’on n’a jamais vraiment eues
elles m’abandonnent – on pourrait presque leur donner des noms de filles, dont on s’embrouille à interpréter le moindre geste
je suis seule à présent
seule à l’instant
.
je le perçois, de ma troisième oreille je le perçois
ce n’est pas tout à fait le silence: quelque chose au fond du silence, comme un coup de marteau sans masse
cela semble produire la nuit, ou alors en provenir
– le cœur-absent de la nuit même…
.
j’ai tourné les talons et j’ai marché vers le mur d’en face, vers le mur de dos
j’ai traversé le mur
j’ai traversé le dos
je me suis retrouvée de l’autre côté de la nuit
c’était un peu avant le jour – il était temps de renoncer, ne plus venir de rien
.
tant d’incertitude, et tant d’incertitude pour en arriver là, nulle part
je ferme la porte derrière moi, la porte à clef – la clef je la jetterai plus tard, en pleine mer, j’enfermerai la mer dans une bouteille
et déposerai la bouteille au pas de la porte, la porte condamnée
j’ai rêvé avoir vécu pour rien, et j’en fus soulagé
Laisser un commentaire