pour autant que j’existe

  non, non, je repose doucement
  dans la prose de vivre
  et dans l’insignifiance
  tel un mendiant n’ayant rien à offrir à son dieu
  qu’une paume tendue
  et recevant la pluie…

  .

  vivre après tout, on ne le fait pas exprès
  on passe le temps de temps en temps, hormis en mai
  et l’on revient sur soi, coi par devant l’éternel
  sachant qu’en mai, en juin ou mars
  on crève toujours la bouche ouverte

  .

  les preuves de mourir, nul ne te les donne
  les fleurs de ton pommier rosissent sous la pluie
  sur son âne de bois, qui brasse les vies? qui prédit désastreuses moissons?
  qui, sur son âne de bois, parle de soi en parlant de tout autre
  et vice-versa?

  .

  et ce silence assourdissant, ce silence où je n’entends que moi, que moi, que moi
  ou du moins que ce qui dit moi, moi, moi
  alors que depuis le premier feu c’est toi, c’est toi, et toi
  qui creuse mon absence, silence assourdissant

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