comment vivre, sans (se) mentir?
comment alors, vivre avec le mensonge?
comment finalement, mentir vrai?
– l’envol d’un sourcil au-dessus de ton œil…
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marche je n’ai pas, tu ne m’as pas
laissé tranquille
garde à l’écluse, j’ai du
poireauter là deux ou trois siècles
puis ai lâché la rame, lâché
la rame, dis-je…
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morte à genoux – c’est vous dire si elle prie…
j’ai tant pleuré des yeux, maintenant c’est de la chiasse – il faut bien pardonner…
les femmes, même laides, ne doivent plus s’attrister:
à toute heure sonne l’heure
d’un dernier rendez-vous…
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on ne s’habitue pas. on ne s’habitue pas à quoi que ce soit d’éternel, alors que seule rassure l’habitude, ce placébo de vivre
j’ai trop mâché le chewing-gum : je gonfle, je gonfle
et puis j’éclate…
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regard rive droite, regard rive gauche, hors de ma nuit sans feu
je vis seul désormais – j’évite dieu
sauf en gélules,matin midi et soir
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qui sait faire le poirier vivra vieux. d’ailleurs,
j’ai vécu très vieux, dissimulé dans les branches du poirier
ils ou elles ont des cernes sous les yeux il serait bon de leur rappeler
que pas de pluie sans eau…
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on se souvient plus
un côté ou de l’autre, on se souvient plus non plus
tous ces bouleversements, tous ces bouleversements
qui ne bouleversent rien…
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la pluie c’est pour demain, toute ma vie aride
je suis tombé sur une sentinelle, qui va là?
qui va là putain de chiottes putain d’ta mère qui va là?
la sentinelle était irréelle
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on s’embrasse en cachette – sinon à quoi bon s’embrasser?
la vie est morte, et l’existence en creux
du désir la corde rompue, l’élastique du slip…
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de toute façon je continuerai à t’écrire des histoires
deux mille, trois mille, trois mille cinq cents par jour
et quand tu t’ennuieras, l’ennui te servira d’extase
tu rêvasseras, imaginant un temps où
je n’existerais pas
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voilà. ainsi te révélai-je tous les secrets
d’une bonne réincarnation…
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