où fuir encore?

  l’éblouissement aussi est une forme d’aveuglement. je n’ai pas les yeux de traverser le feu. d’ailleurs que ce soit à feu ou à cendres, je ne vois plus rien

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  ici passe là-bas, là-bas s’écoule ici. il y a pourtant autre chose, autre chose toujours, qui dépasse le lieu,, l’outre-lieu et leur coïncidence en tout esprit. une utopie sans nom, qui ne ressemble à rien mais à laquelle je ressemblerais enfin

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  ce qui m’échappe. ce qui échappe à tout. et tout m’échappe. si l’on ne sombre plus c’est qu’il n’y a plus de fond, plus de poids pour confirmer la chute

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  que faire de la délivrance? il n’y a rien à faire de la délivrance. condamné à errer ou être délivré ne nous concerne plus – nous pénètre nous traverse tout entier certes, mais ne nous concerne plus

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  j’ai rasé tous les arbres, décimé la forêt. afin de voir plus loin, en vue de voir. et j’ai vu. ni les arbres ni la forêt: j’ai vu. et j’ai vu loin. tant le vide s’étendait…

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  ne reste qu’à se crever les yeux. à réveiller chaque jour un parfum et le même. à réveiller chaque instant ce parfum et le même, sursaut d’éternité. ne reste qu’à se crever les yeux pas plus. et ça je ne peux pas

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  l’ultime déraison, plus un pas. le pas restant. devant l’immense peur de redevenir enfant…

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  ils ont franchi le cap au nord. ils doivent passer la frontière invisible maintenant
  et sans un cri…
  les choses sont ce qu’elles sont, voilà ce qui les rend si belles, se dit il en passant, d’un ton de fausse confidence
  – tout étant dit, on peut tout dire désormais, sans contrainte ni empressement
  on peut tout taire enfin…

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