tant je ne pomme, et me désole

  je n’habite pas
  ma vie, je n’habite
  rien
  passe un camion, rien d’autre
  je n’habite
  pas

  .

  une seule et même vérité
  suffira
  tant à mourir
  qu’à vivre –
  lentement
  sis sur le pont
  nous mûrissons 

  .

  le soleil
  ne chauffe pas
  un éveil tout chiffonné
  titube
  sur la brèche –
  je ne sais
  où aller

  .

  très peu d’odeur, pas de rosée
  à tâtons je m’avance
  en plein jour pourtant
  en plein jour sans y voir
  ou sans que voir
  ne porte
  à conséquence

  .

  éternelle lumière
  je m’agrippe, je m’agrippe
  et je sens que je fonds.
  éternelle lumière
  rien ne passe, ne se passe
  je m’agrippe et je sens
  que je fonds…

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