repeuplement d’une gare

  ce n’est pas la peine. on se regarde en face on ne se dit rien. j’ai vu des gens heureux
  j’ai vu des gens heureux je les ai salué de loin, un peu comme je me regarde moi-même: de loin
  de si loin qu’on ne sait pas si c’est du dedans ou du dehors on se regarde en face on ne se dit rien
  on ne se dit rien c’est pas la peine, pas la peine vraiment

  .

  je rêve encore, debout à mes côtés – je rêve encore debout
  le jour où je suis mort, j’étais mort déjà, debout du bon côté
  tu passes à côté de moi, tu me frôles, je t’effleure du bout des doigts
  j’arrive à faire cela, je t’effleure du bout des doigts. quand tu passes à côté

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  les choses sont plus sérieuses qu’elles n’y paraissent. je n’ai pas mal
  je fais peur aux enfants. rien ne me blesse davantage. je devrais me cacher
  ne rien envisager garnira mon panier. je me retourne de l’autre côté. de l’autre côté c’est de l’autre côté
  l’ombre elle aussi se tourne et se retourne, s’allonge ou diminue,
  se dissout dans l’anonyme

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  je suis fatigué je crois. je devrais laisser tomber, ne plus me préoccuper
  de rien. de totalement rien. d’ailleurs je ne me préoccupe de
  quand demain il fera beau, pour qui il fera beau, qui se dénudera
  j’ai beau faire le tour de l’image, l’image n’a pas de profondeur – on n’entre pas dans l’image, l’image à double-fond

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  on marchera contre le vent cette fois-ci c’est bien fini
  il faut dormir, dormir à tout jamais. quelque chose s’éveille à l’intérieur
  je suis heureux d’être entre vous, vraiment, mais là je disparais. je n’ai plus l’image de paraître
  l’été le plus merveilleux de l’univers arrive, c’est étrange… je meurs à deux pas de là

repeuplement d'une gare

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