j’ai besoin d’être HorS, lumineusement HorS

  l’éternité commence là où quelque chose en toi se fracasse sur quelque chose en toi, tout au fond de toi ou peut-être le fond, et où tu dis quoi là, tu me cherches?
  ou bien en restant sagement assis sur ses propres genoux, un doigt dans l’cul l’œil fondu – d’ailleurs c’est pas possible ça, la bise à droite si dieu le veut, la bise à gauche au prochain bip

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  il n’y a pas de pluie il n’y a que de la mort – de quoi te plains-tu?
  de quoi parles-tu il n’y a pas de mort il n’y a que de la pluie, quand il pleut
  je dis ça juste comme ça tu sais – la fille la plus chouette, de toute façon elle sera pas pour moi

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  j’ai perdu mon adolescence, là juste maintenant, et j’ai pris du fromage en tube  et des olives à cinq euros le kilo de chez le turc
  ne plus rien avoir à souffrir, soudain nu et sans raison, ne plus avoir de joue pour les claques
  chialer à sec, même sans mentir, bouffer des biscuits sans faim

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  j’aime l’odeur de la terre après la pluie oui, j’aime les couleurs de la terre aux labours des champs ça c’est vrai
  j’aime le thé aussi, fort et bien brûlant
  même si je n’en bois pas, même si je suis seul devant moi et je m’appelle tu, même si je suis seul devant dieu et tu me parles pas
  tu parles de l’odeur de la terre, de la terre dans la bouche, de la terre dans les oreilles

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  la ville est immense, elle rapetisse sur le plan
  le vieux chat dort avec moi – mes pieds, mes couilles et mon nounours aussi
  j’essaie de vivre malgré tout, avant la mort et je me dis, mais qu’est-ce qu’on pourrait bien faire maintenant, que rien
  tout en lapant dans son verre dès qu’elle regarde pas…

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