d’aller vers où se rêve

  sans contour propre, et tu soupçonnes déjà ce que pourrait être l’infini
  cela part d’ici-même, absolument partout
  en jouant à saute-mouton, il n’y avait pas de mouton
  simplement allongé sur le dos je me suis dit:
  cela se passe donc ainsi…

  .

  enceinte de la mort, il marche encore
  il faut dire que l’entière création, le mystère du vivant et l’infini de dieu
  passent dans son corps
  à travers lui
  ont lieu en lui
  et qu’il ne bougera pas de là, lui qui marche encore
  tant qu’ils n’auront pas abouti, chacun là, tant qu’ils n’auront pas accompli
  leur destinée

  .

  nous nous passerons de nous, et la limpidité se passera de la limpidité
  je me demande de quel côté souffle le vent ce soir – histoire de me demander quelque chose mais pas seulement
  à qui cela arrive t-il vraiment? à qui arrive t-il tout ce qui arrive, quoi qu’il arrive? à personne peut-être, et au fond, arrive t-il vraiment quoi que ce soit?
  oui évidemment. il faut répondre oui évidemment, même si et parce que l’évidence n’apparaît que lorsque plus rien ne parait évident

  .

  tout le poids ne repose pas sur la chaise: les coudes sur la table, le tronc s’y appuyant; un pied au sol, un genou soutenant une jambe; un regard accroché au paysage dégoulinant vaguement sur la vitre…
  l’âme ne pèse rien parait-il – elle supporte néanmoins tout le poids. plus elle est légère parait-il, plus tout lui pèse
  elle est au final l’apesanteur du monde…

  .

  nous ne rêvions pas
  d’aller vers où se couche, nous ne rêvions pas
  d’aller vers où se lève non plus nous rêvions simplement
  d’aller vers où se rêve…
 

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