je n’ai pas de… enfin, je ne crois pas. disons de stylo. appelons ça stylo, pour l’exemple. oui, stylo c’est bien
demain tu m’en donneras un et j’écrirai sur toi. sur ton dos. j’écrirai tout ton dos. je t’écrirai toute entière, et infinie. j’écrirai toi
demain tu m’en donneras un
.
on a beaucoup voyagé, c’est vrai – rarement après le dîner cependant
certains croyaient même à (avaient foi en) l’amour. des femmes la plupart du temps. elles escaladaient de modestes cailloux, ricochant mollement à leur tour
et parfois se faisaient rudement mal, parait-il
.
je n’ai pas pitié. je n’ai pas pitié de ce pauvre temps-là, de ces jours incolores défaillant à la lisière de l’oubli
et pourquoi que j’en aurai pitié, moi, qui n’ai pitié ni de moi-même, ni d’un chien écrasé,
ni de ces tristes histoires qu’on se dit à voix basse, semi-basse, presque haute, pour se donner l’impression de ne pas avoir tout à fait vécu
pour rien
.
quoi qu’on en dise, on aura tout de même vécu, non? on aura porté, quelques instants durant, le ciel à bout de bras – et ce ne fut pas peu
d’un autre côté on n’était pas obligés de s’embrasser non plus, de se sucer la langue, se palper les organes. on aurait pu partir chacun de son côté – toi par là, vers la clarté funèbre, et moi par ici, mouche sur la vitre sale,
rétine collée à la vitre impure…

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