lorsque les salives de deux êtres se mélangent jusqu’à n’en faire plus qu’une, peut-on parler alors d’une extinction de la joie?
hiver boueux et malfaisant, du fond de soi remontent de hurlants silences, muettes sirènes de la désespérance
à moins qu’il ne s’agisse, ici et là, là comme avant, d’une simple extinction de la voix…
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d’ailleurs tout s’éteint. non par quelque prétendue loi de la nature, mais d’une bête coupure de courant
le courant ne passant plus, la pierre enrayée des briquets, les salives engagent leur retour vers leurs bouches respectives
elles ne parlent pas. elles se taisent. elles restent coi. elles s’assèchent et des frissons gelés marbrent un fossile de langue
– même un porc rêve d’amour…
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deux miroirs copulant, et ce ne sont que crissements, abysses réveillées
que venons-nous chercher ici par ce temps merdique, et de plus un mardi?
rien. probablement rien. jeter sa ligne au cas où mordrait le vide – un vide
– de l’utopie bien entendu, tout comme entre deux miroirs frétille l’anguille d’un sang froid
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calme la mémoire, calme. je suis le poids
se raconte une histoire, pour voir, le temps d’une bruine pas plus. puis quand finit l’histoire, s’en raconte une autre, le temps d’une autre bruine autant. la même
un jour pourtant la voix se ferme: le parking du néant aux chariots vides bien rangés, emboîtés soigneusement les uns dans les autres sous un néon grésillant
ou l’illumination – qui sait? la page blanche d’une lucidité hors-norme, service compris…
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