l’éternité depuis toujours

  du silence un œil éclot, diaphane, perpétuel
  un œil tout en haut, un œil ouvert à double tour, un œil à double face
  une simple déchirure dans la
  couverture nuageuse…

  .

  et bientôt se referme le trou, au-dessous de moi
  comme une pierre que la rivière aurait lancée au ciel, ou le contraire à reculons je ne sais pas bref,
  au-dessous de moi se referme le trou, l’œil
  d’où le regard s’envole

  .

  ça y est il vient, il s’installe il ne partira plus, le trou blanc au sommet de mon être, le sommet tout au fond de ma vie
  il s’élargit il s’élargit il s’élargit, je passe tout entier à travers: je me quitte
  oui, je me quitte enfin

  .

  un vide extrême en moi
  s’est ouvert comme un figue
  une brèche dans le non-sens on dirait l’apesanteur
  enfin restaurée:
  il ne reste plus un monstre en dedans, plus une grimace
  contre lesquels se battre, montrer ses jaunes dents

  .

  dès ici tout là-haut, et là-bas tout repose
  dans la paix d’un naufrage –
  je n’ai jamais désiré qu’une vie où flâner, promener la verticalité
  de lampes tempêtes en jours fériés…

l'éternité depuis toujours

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