à pieds à dos d’âne, ou à motobécane

  tu l’offrirais bien en holocauste ta solitude, sous le nez de qui voudrait bien la renifler, et saigner un peu de ton sang
  c’est pas ma peine que je veux dire c’est la peine, celle qui pourrit les yeux de n’importe qui, abcès communs
  je ne distingue plus les générations, les chiottes au fond du jardin et la pure ligne démarquant le dégoût de la pitié quand tu me dis merci, vous aussi

  .

  j’avais n’importe quoi j’avais même
  les mains dans les poches
  y a t-il un dieu, y a t-il un chemin morne qui titube
  jusque chez moi
  – je ne sais pas. je l’ai pris et me voici ici, sans savoir où je suis

  .

  c’est un soupir si profond: si peu d’amour dans le plus grand amour – ça ressemble à rien
  il faut pourtant y aller, se réveiller ouvrir les yeux, remuer la poussière et demander comment ça s’appelle,
  cette ville là, la fille planquée derrière cette paire de nichons là, et le sentiment las d’avoir tout perdu et même
  de n’avoir jamais eu
  entre les mains
  que l’ombre de leurs paumes

  – et pourtant j’étais content

à pied, à dos d'âne, ou à motobécane

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