ô judéo-chrétienne

  elles sortirent de leur caveau et me touchèrent le bras. pour me consoler, me réconforter – m’amadouer en quelque sorte
  je leur criai: arrière, sirènes! il n’y a qu’une autoroute!
  cette nuit-là, toutes tombèrent enceintes…

  tu as de drôles d’idées, et de drôles de manières vraiment – tu aurais pu pisser ailleurs que sur le cadran, le cadran de ma montre quand même. ailleurs que sur le cadran de mon sexe, non mais. tu aurais pu pisser autre part que sur mes épaules, tout le long de mon dos ta pisse si chaude. mais tu fus lasse. et les ombres sur mon corps mimaient la fin du jour…

  les hommes n’attaquent pas. tu as beau les exciter, si on ne le leur ordonne pas ils n’attaquent pas – ils réfléchissent
  je me trouve ici parce la route n’allait pas plus loin. elle s’arrêtait là où l’herbe commençe
  je n’aime pas l’herbe. il n’y a aucune raison d’aimer l’herbe. là où cessent les chevaux s’étend un genre abstrait, un espace incertain
  j’y plante ma tente, avant même de penser que je n’ai pas de tente…

  après tu as dit c’est ton tour maintenant, mais je n’avais plus soif
  partir ne rapproche de rien
  je suis donc parti, et plus loin encore, et toujours de plus loin – l’oubli était précoce
  alors tu me touches le bras et murmures quelque chose que je ne comprends pas
  résolument, sur la boussole, j’aspire au vide

  rien de nouveau sous le ciel veuf

ô judéo-chrétienne

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