un homme, sans doute, ou l’initiale d’un destin

  lassé de ma mémoire, je caresse le ventre de l’horizon. les affres de la joie, ça pourrait s’appeler. se réveiller vivant le matin aussi. se réveiller mort engendre un autre état d’esprit, auquel on doit finir par s’accoutumer. renoncer à mourir  pose un certain problème d’ordre purement moral, mais je n’entre pas dans les subtils calculs liés à l’économie de l’extase. jouir fatigue. et dieu écrase. je découvre froidement que cette chose infecte, cette vie comme on dit, ou la condition définie par notre état de conscience, s’avère tout à fait satisfaisante, prise à contre-vide. rien à y redire, vraiment.
  mais n’importe quel ciel n’importe quel jour à n’importe quel moment exprime cela de façon bien plus convaincante et spontanée
  – être ciel… n’importe quel ciel…

  .

  on ne produit guère autre chose que de vains efforts d’adaptation. tant d’énergie déployée rien qu’à se conformer un minimum à la réalité ambiante, par ailleurs pas très fiable de nature…
  une fois à l’abri de la réalité, c’est à dire ayant renoncé à l’idée d’usurper un destin, et s’étant affranchi de l’illusion du temps (à la vas-y mords-toi l’queue), il faudrait encore, afin de se passer de la nausée et du sentiment de réconfort qu’il nous procure, perdre cet accent, là, cet accent qui fait en vérité tout notre charme
  allons, débarrassons-nous de ce foutu accent, là, qui fait tout notre charme

  .

  en adéquation avec rien
  chercher ses mots, c’est déjà les perdre
  tomber amoureux d’un mur: y ouvrir une fenêtre en grand
  tomber amoureux de rien, mais tout à fait follement
  sauter dans le vide et oh! ne pas tomber!
  franchement, de quoi parle t-on ou de qui se fout-on?
  …

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