l’esprit demeure comme en suspens, sans raccord et je dis c’est vrai, la vie n’a rien à faire en moi, ni où que ce soit: elle s’y complaît c’est tout, vide des pots d’yahourt et s’y complaît, c’est tout
le temps coule hors de moi
en moi règne l’éternité, et ne laisse de trace
tout pénétré d’absence, le regard vide d’oiseaux, je veille
les berceaux, les tombeaux, l’arceau fluide des collines, je veille
je veille et voilà tout
elle vide des pots d’yahourt et voilà tout
un peu comme si elle se masturbait tout le temps, mais sans vraiment jouir jamais
et que son plaisir s’arrêtait là, parce que dieu ne pleure pas si souvent, après tout
il faut bien qu’elle s’épile aussi de temps en temps
même en hiver
on ne dit pas la vérité à qui ne le mérite pas gnagnagna. ainsi dieu ne m’a t-il rien dit, à moi qui n’ai jamais voulu mériter quoi que ce soit. je me suis bouché grand les oreilles. on n’a de moins en moins besoin d’affection par ailleurs – erreur: on en attend de plus en plus du côté de chez quoi, du côté de la mort. la mort s’éclaircit, le temps reste gris. mais peut-être n’est-ce qu’une histoire de voyelle en fin de compte, ou d’horaires de marées…

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