un peu d’ombre sur le revers de la main
ne s’effacera pas
sans alibi, traverser le silence en dehors
des passages floutés
c’est comme un chant d’église, l’écho d’un silence profond
: il neige
que le paysage soit une création de l’esprit, que l’on en fasse partie ou que l’on soit soi-même paysage, seule en décide la fluidité de l’encre, se déroulant en suggestions tout en en effaçant l’objet – un peu à la façon d’un mystère théologique, d’une énigme irrésolue…
sous la rassurante lenteur d’une bruine, sensible aux plus infimes vibrations du gris, j’évoque une atemporalité n’excluant pas une certaine nostalgie, tel un lacet défait
il faudrait dire en effet la lumière, et tous les frémissements qui la préfigurent. la lumière qu’on ne devine que par touches omissives, par le soulèvement d’une ombre dévoilant la cheville d’un horizon
– à quoi servirait donc un paysage sans l’horizon le délimitant, un paysage privé d’un ailleurs absolu à l’autre bout duquel ici je pends, me dresse et me profile, cédant une fois de plus à la tentation d’innocence…
la neige abolit les détails. émerge l’essentiel
: ce silence-là
épouser ce silence-là. la neige absout
notre inquiétude
un peu de neige sur la paume
en effacera les lignes…
Laisser un commentaire