en canotant sur le styx

  la nuit c’est la nuit. autre chose c’est la nuit. le pont charles c’est la nuit
  j’ai trop bu, je crois…
  je ne crois qu’au salut (à quoi bon croire, sinon?)
  je ne veux plus qu’on m’aime, mais qu’on me laisse aimer, comme ça dans le vide
  qu’on ne se souvienne pas de moi, qu’un vaste oubli me sème
  il fait si froid, quelque part

  .

  la mort c’est la mort. autre chose c’est la mort aussi, mais on ne dira pas quoi. on ne sait plus dire quoi. on y va comme on va – le reste pleure et pleurera, puis se consolera
  puis se consolera…

  .

  j’avais rien. j’avais même pas mal. je ne savais plus ou je ne sentais plus que j’avais mal
  je me baladais tout nu. tout nu que dire de plus
  je n’implore pas ta pitié ni ton pardon, je voudrais dire quelque chose mais je ne peux pas
  il ne pleut plus. j’arrive à dire qu’il ne pleut plus
  haïs-moi si tu peux

  .

  une fois, deux fois, je suis mort avant toi
  après j’ai nagé, nagé, sans arriver nulle part
  à présent je suis mort, je cherche un genre d’harmonica
  pour accompagner ma mort…

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