le brame du cerf-volant

  à la ramasse, toujours à la ramasse… (le temps béquille close, clôturé d’amarantes)
  j’ai caressé quelque chose en vous – était-ce la nuque, une corde sensible, ou la fibre mystique d’un modique chiffon taché d’un peu de sang
  toujours est -il qu’arrachée subitement à la somnolence, tu t’écrias:
  « mais c’est quoi qui me piqu-eu! »

  .

  soleil étrange, étrange soleil – on dirait même qu’il n’y en a pas
  ou qu’il résonne de tous les feux d’un non-soleil, rechignant quelque part à je ne sais trop quoi…
       des absences vous défigurent
       –  c’est l’âge où les tessons
       vous rendent tout leur jus

  .

  sommairement
  à la vaille que vaille, obscurément
  je vous ai dévastée
  je vous ai achevée
  je vous ai désertée
  : le long de quais brumeux, arpentant de fébriles équilibres, vous persistiez à juger les hommes d’après leur aptitude à mourir
  et leur volonté ferme
  ce que vous receliez touchait dieu de trop près pour que vous consentiez à leur ouvrir vos cuisses, éventail au cou lisse
       – à quoi donc, dès lors
       vous attendiez-vous…

  .

  il ne s’est guère passé grand chose, depuis
  un pinson peut-être pinsonna
  le fond des océans se vida il reste encore un peu de boue collée
  au bas du pantalon…
  on ne se parle pas
  parler ne dit plus rien
  on ne se touche pas

  .

  la grande vague derrière chez toi
  franchie à gué, monte la garde

  qu’un frisson vous parcoure, madame
  – me pardonneras-tu?

  je ressemble à quelqu’un, sans doute
  ou quelqu’un vers la fin

  la grande vague derrière chez moi
  mince ébréchée, sonne le glas

le brame du cerf-volant

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