ont supporté le gel

  la douleur de l’étranger t’éveille à ta propre douleur, déchirante nostalgie de l’infini.

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  quelques roses rouges ont supporté le gel. je ne sais s’il faut plus d’amour à périr ou à vivre. d’un éclat sobre.

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  je veille le mystère, je ne le viole pas. cette ignorance consentie préserve. préserve je ne sais quoi, mais de la décomposition sûrement.

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  je me suis tourné vers toi et j’ai vu que tu étais mort, d’une mort qui ne signifierait pas une absence de vie, mais une présence plus large, les larmes déposées.

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  entre ces roses rouges survivant aux premiers gels et mon humaine conscience il n’y a qu’un pas, que seul franchit ce que le néant ne peut réduire à soi-même.

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  cet amour-là, que je ne peux vouer à nul être, et que toute douleur éveille à sa douleur, déchirante nostalgie de l’infini, cet amour-là me mène tout au fond de moi-même au-delà de moi-même, et je reconnais en tout ma propre mort, et par delà ma mort l’immortalité de chacun, et l’immortalité pure.

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  je cesse d’être un homme pour commencer d’être homme. ma froide passion résorbe la pitié en un accueil et un accord muets. tout me traverse, rien ne me touche. je voudrais sur ton front reposer mon front – ce silence absolu…

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  de mon simple désespoir dépend le salut de tout un dieu – le lui accorderais-je?

ont supporté le gel

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