on peut interpréter cela comme une simple marque de familiarité, ou cacher d’un léger blasphème une pudeur toute mélancolique… ainsi quand je perds pied, j’aime m’imaginer te léchant le visage – tu n’es pas sans ignorer cependant que les trépassés ne sauraient entraver ni rejoindre les vivants, au large malgré eux…
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nous attendons donc patiemment l’heure de notre dissolution. c’est plus sage. le plus simple aussi en quelque sorte, même si cela s’avère parfois contraignant, voire pénible. certaines évidences ont la peau dure et la main leste. prendre son mal en patience par exemple. tendre la droite, quand on vous baise la gauche, pour être plus précis
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je n’ai pas vraiment perdu le sens du miracle tu sais. je m’étais garé là, entre la pharmacie et la boulangerie du coin, toujours du coin. c’est fou le nombre de rond-points tout de même, pensais-je peut-être, si l’on peut appeler penser de telles connexions machinales. je regardais les gens passer et, oh miracle, eux passaient…
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tu sais c’est pas grave si tu ne t’appelles pas isabelle – je ne t’en voudrais pas pour ça. tu peux bien t’appeler comme tu veux d’ailleurs, ça ne me regarde pas. moi je n’appelle personne: je regarde simplement fondre les choses
sur leur bâton de nuit
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une dernière chose encore, avant de se quitter: as-tu remarqué que l’hiver, sous nos sinistres latitudes et cette épaisse couverture nuageuse, le soir ne se distingue quasiment pas de l’aube question luminosité, et qu’on ne pouvait avoir la certitude de basculer vers la veille ou bien le lendemain, eux-même se confondant en une égale substance grisâtre que l’on finit par prendre pour notre âme?
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