le plus clair de mon temps

  ce matin fait la planche. toute ma vie se tenant harmonieusement en équilibre sur le rebord de la tasse, je n’agite pas les doigts, ne  tortille pas du poignet non – les marionnettes, dociles, planent sur leur ennui. au fond, seul l’ennui échappe au futile…

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  quatre fois ce matin me suis-je ouvert les veines, avant que ne perle une goutte. le sang en effet se fait rare et lorsque je me déchire, c’est à peine une larme. un grand verre d’eau – on dirait que tu m’apporterais un grand verre d’eau claire, mon amour

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  je te dirais merci tu me dirais de rien: on s’entendrait si bien… j’ai quatre fois rien de mots dans ma besace, tu les videras pour le dîner. tout ce ciel de dieu oui, tout ce ciel de dieu, étreint ma nudité

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  l’allée très froide, l’allée soudaine, soudainement rompant la plaine la lignée d’arbres – on ne sait quels arbres… et signalant aux vents, aux corbeaux dans les champs la veine départementale, ouverte à tous les vents, aux vents tristes des champs…

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  le tendre jour d’alors
  a frappé à la porte, s’est déchaussé à l’entrée, comme il est d’usage dans la plupart des pays civilisés le tendre jour d’alors
  sans dire un mot s’est assis face à moi, attendant sans doute que je fasse le premier geste…

le plus clair de mon temps

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