échoué là sur un banc

  à un degré moindre, la mort n’en a pas voulu. alors elle est venue vers moi, qui manquais également de sommeil

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  on pourra dire ce qu’on voudra, dieu n’est pas resté longtemps sur terre. juste assez pour souligner cette distance inqualifiable entre nous et lui, où notre esprit transi errerait à jamais, des épines aux doigts en guise d’affection

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  ne passe là parfois qu’un étranger, nu ou tout au moins les pieds nus, sous la forme d’un arbre battu par les vents, d’un ruisseau couleur terre fangeuse ou d’un fantasme libidineux. mais où donc ai-je fourré mon briquet…

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  quand le paysage se mue en voyage, c’est qu’il se fait déjà tard. elle me verse alors à boire, avec toute l’apesanteur d’un silence longuement médité. mes coudes greffés au corps de la table, et le reste soupire

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  bien entendu j’ai voulu la toucher tout au fond d’elle-même, quelque part aux alentours de l’origine. je n’ai fait que la blesser, l’égratigner, peut-être même l’écorcher. en retirant mes doigts je les vis enduits d’une lumière fade, presque visqueuse. à quelle infinie solitude l’ordre des choses nous condamne t-il donc…

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  mon assoupissement gagne le paysage tout entier. ramasse-moi en miettes, aspire la sève de mon émoi, épands mon âme en rêverie permanente. essore un tout petit bout de ce nuage gris – on n’en perçoit même pas le cri…

échoué là sur un banc

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