le damage done, comment le réparer?
ça se répare pas
on répare le mal en en souffrant. non, on ne le répare pas – on l’absout,
en en souffrant, malgré soi, et sans doute en sourdine.
j’aime cette liberté de l’exilé, j’aime la mer en hiver
le damage done, la mer recouvre tout, et puis s’efface
alors on dit que c’est la marée basse
.
j’aime les yeux, les yeux qui bouchent la vue,comme si l’on pouvait voir au-delà de ce qu’on voit, et que de ce fait-même ce que l’on voyait là
perdant toute distance
ne signifiait plus rien.
béni soit ce qu’on ne touche pas, ce qu’on n’a pas touché, ce qu’on ne touchera pas…
.
il ne pleut pas assez. non seulement il ne pleut pas tout le temps, mais il ne pleut même pas la plupart du temps
et que faire quand il ne pleut pas, ou comment justement ne pas faire, justifier pleinement le fait qu’il n’y ait rien à faire?
il ne pleut pas pour rien: il ne pleut que pour rien
.
l’homme n’est pas toi, l’homme n’est pas moi, perdu au fond des bois
je me suis laissé faire, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus en moi
d’endroit où mordre, n’y ait plus qu’une langue
de paille ou de porc
.
l’homme qui se promène
ne sait plus qui il est: il se promène – tant mieux
son billet-vaugirard en poche.
la mort, elle, faisait l’contraire:
vous n’aviez pas le droit de distinguer entre dignes et indignes, clamait-elle
à qui voulait l’entendre

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