tu as parfois une tête de chien.
il faut survivre
dis-tu
comme à regret
.
fuyons ensemble
moi ici et moi là-bas
fuyons ensemble et laissons moi tranquille
laissons-le vide
.
pendant tout un instant il n’y eut dans l’univers
nulle douleur,
pendant tout un instant il n’y eut dans l’univers
nulle lumière,
ce fut le calme plat
le mur sans brique ce fut
l’éveil à rien
.
d’emblée s’avancent, s’avancent vers moi
celui qui revient trop tard, et de trop loin
celui qui revient en boitant, la voix éteinte, et le regard fermé
celui enfin qui de toute évidence
ne revient pas, ne reviendra pas
.
de ce côté-ci de la frontière, un paysage quelconque, la route de s’en échapper
de ce côté-là de la frontière, un autre paysage quelconque, étrangement ressemblant – la route peut-être d’un revêtement plus performant, la conduite plus souple…
.
il s’en allait, déjà
comment lui dire, ou comment se dire
qu’il ne reviendrait pas
et qu’il faudrait pourtant
l’attendre
.
ne pense à rien, conduis
sur la même route, à travers le noir intense, traverse
la même absence de paysage, prolonge indéfiniment
ce révérencieux naufrage…

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