l’accent ferroviaire

  ceux qui s’échappèrent, en quête de lumière, d’un rayon de lumière, nous ne les reverrons pas
  le pays sous la pluie noyait tout dans les gris
  si tu soulevais un pan de ma mémoire, tu pourrais certes y lire maintes histoires
  mais baisse une paupière pudique, laisse la nostalgie du vide mêler le jour à l’absence
  et les fondre en une même instance grise
  : ce n’est pas que rien ne se perde, c’est que rien ne se trouve vraiment…

  .

  à force de négation s’érode le néant. le non s’effrite et finit par laisser transparaître en lui le oui – un simple oui, un oui sans prétention, un oui qui n’affirme rien
  un oui comme quand on sort dans la nuit fraîche, l’herbe mouillée et la clarté grise d’une paisible inquiétude
  un oui comme un dessin d’enfant ou une paire de fesses – enfin… un oui qui ne s’entend pas, et ne va pas plus loin…

  .

  parfois suffit l’idée de la réalité: un corbeau traverse le vent gris
  c’est l’image de rien qui creuse le rien et révèle une profondeur au détour de chaque apparence
  je reviens au nulle-part: parfois l’idée dénude toute réalité…

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