miroir, méchant miroir

  la nuit réduit la nuit à rien, sagement nous emplissons-nous de l’oubli
  s’estompe le bruit des sabots, le silence émerge de nos tombes
  ne parle plus à dieu – écoute-le seulement t’écouter

  .

  l’autre rive a coulé, a coulé tout le fleuve de même
  comment donc s’y prendre pour passer lorsqu’il ne reste rien à passer?
  qu’est-ce qui ne coule pas, là, quand se noie son image?

  .

  la tristesse me manque parfois. me manque le manque, un axe de chute
  la mort un jour nous délivre de mourir,
  un autre jour c’est en mourant qu’on échappe à la mort

  .

  je ne sais pas. je suis simplement là
  le néant sourit de tout ce maigre lundi
  je me tiens là – là exactement où lui manque une dent
  – tout ce paysage vide…

miroir, méchant miroir

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *