la nuit réduit la nuit à rien, sagement nous emplissons-nous de l’oubli
s’estompe le bruit des sabots, le silence émerge de nos tombes
ne parle plus à dieu – écoute-le seulement t’écouter
.
l’autre rive a coulé, a coulé tout le fleuve de même
comment donc s’y prendre pour passer lorsqu’il ne reste rien à passer?
qu’est-ce qui ne coule pas, là, quand se noie son image?
.
la tristesse me manque parfois. me manque le manque, un axe de chute
la mort un jour nous délivre de mourir,
un autre jour c’est en mourant qu’on échappe à la mort
.
je ne sais pas. je suis simplement là
le néant sourit de tout ce maigre lundi
je me tiens là – là exactement où lui manque une dent
– tout ce paysage vide…

Laisser un commentaire