n’importe où béthléem

  pleurer danse
  au pied des grands naufrages
  et quand il a fini de danser, tout essoufflé
  pleurer pleure
  depuis la fin des temps

  .

  me vois-tu gambader en plein ciel
  à cheval sur un arbre mort et bien mort
  ou alors debout
  debout sur un cheval mort
  et bien mort…

  .

  tant de sagesse dans le voilement du terme et de l’origine, dans l’énigme irrésolue, afin que, dépouillés de leur vision, en nous se rejoigne le terme et l’origine
  limpide la nuit de notre ignorance fertile, porte grande ouverte sur l’au-delà de nous-même où se reconnaît et sourit
  le nous-même de l’au-delà…

  .

  poisson mort poisson volant ne crains plus rien – ne crains plus rien :
  l’océan
  sans souci
  glisse heureux sur ton dos…

  .

  je retourne à l’enfance
  de mon âme.
  caillou dans la mare, je ne crains pas
  l’éclaboussure.
  au fond, bien au fond
  une joie m’a surpris

  .

  la mémoire plein des reflets de l’ici et d’ailleurs
  la foi sans encombre épousant de la main chaque courbe du jour
  oh comme j’aime
  m’asseoir et regarder
  s’embraser le néant…

  .

  il fait beau
  on est tous morts
  tu patauges
  dans le vide divin
  tu bois à même le soir…

  .

  plus la peine de mourir
  tous les morts ressuscitent
  envahissent nos cours
  – et le désert croissant
  abroge nos pensées

n'importe où béthéem

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